REGIS FINANCIERES

Un système de prime basé sur l’effort et les résultats

Le Gabon doit désormais donner une meilleure cohérence à sa politique de dépense publique. Le système de prime autrefois appliqué à l’égard des agents des Régies financières a contribué à renforcer un certain déséquilibre. Le système a dévié de son but initial – qui était de motiver les agents de la fonction publique – et obligeait l’Etat à verser chaque année quelque 212 milliards de francs CFA, soit un peu plus de 320 millions d’euros, à des fonctionnaires des Impôts et trésors publics, des douanes et du secteur des hydrocarbures.

Alors que les recettes ne sont plus celles d’avant la baisse du prix du baril de pétrole sur le marché international, il fallait donc revoir le système.

Il était de plus en plus inacceptable pour le citoyen lambda d’apprendre que certains hauts fonctionnaires pouvaient percevoir une prime de 100 millions de francs par mois, alors que l’Etat a commencé à demander à tout le monde de se serrer la ceinture. Alors que les recettes étaient en baisse, les primes devaient être versées sans prise en compte du nouveau contexte. D’où l’accumulation d’arriérés importants.

Il fallait ainsi réformer ce mécanisme opaque de versement de primes à tout va. C’est ce qui a dérangé certains syndicalistes des Régies financières. La plupart des agents comptent toutefois aujourd’hui s’adapter à la nouvelle situation. D’où la signature d’un protocole d’entente et de trêve sociale par les représentants de l’Etat gabonais et les organisations syndicales des Régies financières, le jeudi 28 septembre dernier.

Le document répond, en tous cas, à l’attente des uns et des autres. Le règlement de la Prime Spécifique d’Incitation à la Performance (PSIP) y est évoqué, ainsi que l’instauration d’une prime de fin d’année (PFA) en cas de dépassement des objectifs budgétaires de recettes hors-pétrole, constaté à la fin de l’exercice.

Ceci étant, il n’est plus question de distribution d’argent à tour de bras. Le respect de l’orthodoxie financière, et la mise en œuvre des réformes dans les finances publiques ne le permettront sans doute plus jamais.

Le système de prime est désormais basé sur l’effort et les résultats. ‘’Les agents ne peuvent plus percevoir les mêmes niveaux de primes alors que la performance n’est pas au rendez-vous’’, a fait comprendre un cadre du ministère de l’Economie. Les réformes ont nécessité cette prise d’initiative que de plus en plus de Gabonais apprécient plutôt, malgré quelques voix encore dissonantes.