NOTATION DU GABON PAR FITCH

Incompréhension chez les analystes

Fitch a abaissé vendredi la note de la dette du Gabon avec perspective négative. L’agence de notation explique cette décision par « la détérioration de l’endettement et de la situation budgétaire du pays ». La note de la dette gabonaise est ainsi passée de « B+ » à « B ».

Fitch a également laissé entendre que son choix est motivé par « la vive détérioration des comptes budgétaire et extérieur du pays, l’accumulation d’importants arriérés intérieurs comme extérieurs ainsi que le gonflement de la dette publique » à la suite de la baisse des prix pétroliers à partir de 2014.

Une explication qualifiée de peu plausible par nombre d’analystes qui estiment que le dernier rapport du Fonds Monétaire International, marquant son optimisme quant aux perspectives économiques du pays, aurait dû amener l’agence à davantage d’objectivité.

Surtout que c’est Fitch lui-même qui souligne que le crédit de 642 millions de dollars accordé en juin dernier sur trois ans par le Fonds monétaire international (FMI) « va probablement faciliter la situation de la trésorerie, soutenir les réformes, et peut-être entraîner la contribution d’autres créanciers multilatéraux comme bilatéraux ».

Autre point de vue de l’agence qui laisse dubitatif les analystes : « les risques de non-application des conditions du programme du FMI qui pourraient entraîner un retard dans le versement de son aide ». A savoir en effet que, jusqu’ici, le Fonds n’a émis aucun doute sur la volonté des autorités gabonaises de respecter ses engagements. Le projet de loi de finances 2018, adopté dernièrement en conseil des ministres, démontre par ailleurs sa résolution à rééquilibrer ses comptes et relancer l’économie.

Si Fitch rappelle que la croissance de l’économie ne devrait pas dépasser 0,8% cette année dans le sillage d’un vif déclin de la production pétrolière, elle reconnait également que l’activité pourrait reprendre significativement dès 2018 pour progresser de 2,7% puis de 3,6% en 2019, selon ses propres prévisions.

Alors, pourquoi avoir dégradé la note du Gabon?

Une question que nombreux peinent à répondre. A savoir que Fitch, actuellement contrôlé par Fimalac, le groupe du Français Marc Ladreit de Lacharrière, évalue des produits très diversifiés (de produits spéculatifs jusqu’à la solvabilité d’un État).  L’agence se présente comme l’un des quatre plus grosses agences de notation internationale.