INFRASTRUCTURES DE BASE

Un défi gabonais

La compétitivité du Gabon est tributaire des infrastructures dites de base, qui sont essentielles pour le développement des entreprises qui doivent évoluer dans un environnement approprié pour générer des services de qualité à un prix raisonnable. Du fait de la faiblesse des investissements publics et privés, par le passé, le Gabon a souffert d’un déficit d’infrastructures de base qui a eu pour conséquence une faible compétitivité de fait. L’absence de ces infrastructures d’énergie, de transport, de plateforme logistique, rendait tout simplement impossible du moins aléatoire, le développement de certaines activités économiques.

Le président Ali Bongo Ondimba a mis à profit ses sept premières années à la tête de l’Etat pour surmonter les principaux handicaps qui contrecarraient l’efficacité l’économie. Il a ainsi pu agrandir de 75% la longueur du réseau routier, augmenté de 66% la production d’énergie et de 22% la production d’eau. Ces infrastructures ont permis le développement de projets comme le Complexe Métallurgique de Moanda, qui n’aurait pas été fonctionnel sans l’approvisionnement en électricité du nouveau barrage du Grand Poubara, ou encore le programme GRAINE qui n’est réalisable que grâce à l’un des facteurs clés que constitue l’extension du réseau routier national.

Toutefois, le Gabon a encore deux contraintes majeures à lever pour renforcer de manière déterminante la compétitivité de son économie. Tout d’abord, il doit améliorer son infrastructure logistique, notamment portuaire. Et l’inauguration du nouveau port d’Owendo justifie les efforts menés dans ce domaine. Les délais et les coûts élevés de transbordement des marchandises dans les ports expliquent en grande partie la cherté du coût des produits importés et nuit à la compétitivité des prix des produits que le pays exporte, comme le bois.

Enfin, l’économie numérique est appelée à jouer un rôle majeur au Gabon. Son développement est tributaire de la disponibilité d’une infrastructure numérique de qualité. Cette infrastructure a déjà été mise en place à Libreville et à Port-Gentil. L’ambition du Gabon est de rendre cette infrastructure disponible partout sur le territoire, pour qu’il n’y ait pas de « fracture numérique ».

Dernièrement, le ministre gabonais de la Communication, de l’Economie numérique, Alain-Claude Bilié-By-Nzé, a présenté les ambitions majeures du ‘’Gabon numérique’’ à Abidjan. Lors de ses échanges avec des différentes personnalités du Maroc, de la Côte d’Ivoire ou encore du Nigéria, le ministre a aussi rappelé que le pays est le premier territoire d’implantation de la norme 4G en Afrique centrale et de déploiement de la fibre optique.

Enfin, selon le Ministre gabonais en charge du Budget et des Comptes Publics, Jean-Fidèle Otandault, le défi gabonais sur le plan infrastructurel rime désormais avec partenariat public-privé (PPP) dans la mesure où le contexte actuel impose un certain nombre de contraintes au niveau budgétaire. Cependant, le membre du gouvernement a tenu à rappeler que dans le projet de Loi de finances 2018, la part de l’investissement a connu une hausse et l’Etat a décidé d’être plus sélectif par rapport aux projets à financer.