OGOOUE-MARITIME – PORT-GENTIL
Vers une gouvernance améliorée

Le poids de Port-Gentil sur l’échiquier économique gabonais n’est plus à démontrer. Quand la deuxième ville du pays tousse, c’est la santé du Gabon tout entier qui en est impactée. Les autorités en sont parfaitement conscientes et multiplient les initiatives afin de redimensionner le tissu productif de la cité pétrolière afin qu’elle ne soit plus très dépendante de la filière hydrocarbures qui a toujours fait sa renommée. Sans oublier les programmes à vocation sociale visant à contrecarrer les conséquences de la crise pétrolière.

Port-Gentil dispose de potentialités jusqu’ici non encore exploitées ou peu mises en avant. On peut citer parmi celles-ci son atout touristique porté par une nature exceptionnelle et ses ressources naturelles susceptibles de développer son secteur de la transformation industrielle. Mais sa principale richesse est avant tout son capital humain composé en grande partie d’une jeunesse qui n’attend qu’à être mieux impliquée dans la construction du futur de sa ville en particulier et de celui de l’Ogooué-Maritime en général.

Par ailleurs, cette partie du Gabon se porterait mieux avec une gouvernance améliorée. Et c’est justement l’objectif de Jean-Fidèle Otandault, Ministre d’Etat en charge du Budget et des Comptes Publics, qui effectue en ce moment une visite de rencontre et de travail dans la capitale économique. Le membre du gouvernement s’est ainsi entretenu avec le gouverneur de la province de l’Ogooué-Maritime puis avec le maire de la commune de la ville, sur diverses questions liées, aussi bien aux difficultés rencontrées dans l’exercice de leurs différentes fonctions qu’à leurs projets pour la province et la ville.

C’est ensuite en sa qualité de chargé de la gestion des deniers publics et davantage en expert du domaine que le natif de Port-Gentil a entretenu les responsables de l’administration en fonction dans la ville sur le projet de Loi de finances 2018. L’exposé du ministre d’Etat s’est focalisé sur les difficultés socio-économiques auxquelles le pays doit faire face, et particulièrement Port-Gentil qui, selon lui, « est à la fois l’illustration et la première victime d’une économie exclusivement tournée vers la rente pétrolière ».

Faire de la crise une opportunité

Le Ministre d’Etat a également rappelé que le Président Ali Bongo Ondimba a fait du développement et du désenclavement de la province de l’Ogooué-Maritime une affaire personnelle. « Cela s’est traduit ici par la construction de nombreuses infrastructures ; qu’il s’agisse de l’aéroport, du nouveau Stade Michel Essonghe, des travaux routiers, de l’amélioration de la desserte en eau et le renforcement des capacités de production en électricité », a-t-il signifié.

Quand on voit de près l’intention de Jean-Fidèle Otandault, à travers notamment ses allocutions, on peut s’attendre à ce que l’Ogooué-Maritime s’oriente vers une gouvernance améliorée. Un avantage indéniable pour mieux optimiser les résultats produits par les actions de l’Etat dans le domaine des infrastructures, de la promotion des secteurs porteurs ou encore de la formation professionnelle. « Cette crise peut être une opportunité si elle nous conduit à nous interroger sur les outils de gestion de nos administrations, sur les coûts des structures, sur l’externalisation de certaines tâches car l’Etat ne peut plus tout faire et encore moins ce qu’il ne sait pas faire », a-t-il soutenu pour mieux sensibiliser les acteurs locaux aux chantiers qui les attendent.

Toujours dans ce cadre de l’amélioration de la gouvernance, Jean-Fidèle Otandault, estime que l’on doit pouvoir accélérer la mise en œuvre du Plan de relance de l’Economie en multipliant les initiatives visant à prévenir des situations de risques budgétaires. Il a promis alors d’allouer des moyens plus efficaces afin de les éviter.

Et de souligner en outre que « le niveau d’endettement et d’arriérés constitue un véritable risque. Tout progrès en matière de gestion des services publics devra se faire en poursuivant plus ardemment le chantier de la réforme budgétaire et comptable », sans oublier d’intégrer les acteurs locaux au dispositif.