GOUVERNANCE DES FINANCES PUBLIQUES : Renforcer la sensibilisation | Le Défi Gabon

GOUVERNANCE DES FINANCES PUBLIQUES
Renforcer la sensibilisation

Les réactions à l’emporte-pièce enregistrées ici et là et, surtout,  le comportement de certains réseaux syndicaux, notamment des régies financières, font qu’un constat s’impose : les autorités qui ont pourtant consenti de gros efforts pour expliquer les tenants et aboutissants de leur démarche, doivent sensibiliser davantage les uns et les autres sur le risque encouru par le pays au cas où ce dernier tournerait le dos à la bonne gouvernance des finances publiques.

 

Le Gabon, dans le cadre de son programme de relance de l’économie, a bénéficié de l’appui budgétaire de plusieurs bailleurs de fonds institutionnels dont le FMI qui n’a d’ailleurs pas caché sa satisfaction sur la manière dont les responsables gèrent les ressources publiques. Ce contexte nouveau, né de la chute des cours des matières premières, n’est pas encore suffisamment compris par une bonne partie de la population.

Il est ainsi nécessaire de multiplier les éclairages afin que chacun puisse saisir les enjeux actuels et à venir en matière de gouvernance des finances publiques, pilier de notre renouveau économique. D’autant plus que les réactions populistes de certains acteurs politiques aux intérêts troubles trouvent écho auprès de certaines franges de l’opinion.

Pour le Ministre d’Etat en charge du Budget, Jean-Fidèle Otandault, qui a multiplié ces dernières semaines les séances d’explication aussi bien à Libreville qu’en province, les réformes menées actuellement visent avant tout à mieux maîtriser les dépenses de l’Etat et assainir les finances publiques.

D’où les audits diligentés au sein du département dont il a la charge, le lancement des appels à candidatures pour les postes de directeurs centraux des Affaires financières (DCAF), de contrôleurs budgétaire (CB) et de contrôleurs budgétaires adjoints (CBA),les mesures prises pour le reclassement des véhicules administratifs, les décisions de régulation budgétaire en période de fin d’exercice…

Sans oublier la mise en œuvre du mécanisme de budgétisation par objectifs de programme (BOP) qui contraint chaque entité publique de mieux programmer ses actions et de rendre compte des résultats obtenus. Notons que le système mis en pratique auparavant par le Gabon ne permet pas d’avoir une bonne visibilité en matière d’exécution du budget par les différentes structures de l’Administration. Ce qui a eu pour conséquence des dépenses non motivées qui se chiffrent à plusieurs dizaines, voire des centaines de milliards de FCFA.

Des objectifs et des engagements

Il faut savoir par ailleurs que l’accord signé avec le FMI comporte plusieurs engagements que le Gabon doit respecter. C’est le cas notamment du déficit budgétaire qui, à terme, ne devrait pas dépasser 3% du PIBet aussi à assurer la viabilité de la dette.

Et justement, à propos de la dette, il est important de préciser que la politique du gouvernement en la matière est claire : apurer la dette intérieure dans les meilleurs délais pour donner un nouveau souffle aux entreprises en particulier et à l’économie en général. Certes, le taux d’endettement du pays (20 % du PIB pour la dette intérieure et 37% du PIB pour la dette extérieure) peut inquiéter certains. Mais comparé à d’autres pays comme la France dont la dette publique  équivaut aujourd’hui à 100% du PIB, ou encore du Congo Brazzaville (110% du PIB), on peut dire sans trop risquer de se tromper que le Gabon a des arguments à faire valoir.

Surtout que le gouvernement gabonais inscrit les emprunts qu’il contracte dans le programme de relance de l’économie, un cadre clair qui a reçu l’approbation des partenaires financiers et techniques institutionnels.

Le Gabon veut renouer avec une croissance forte et soutenue. Il a les moyens de ses ambitions et il est soutenu dans sa démarche. Mais il faut poursuivre et même renforcer la campagne de sensibilisation pour que la population comprenne et adhère à cette démarche car en face, ceux qui ne rêvent que de mettre l’économie du pays à genou multiplient les manœuvres pour  plonger l’opinion dans le doute.