RÉGIES FINANCIÈRES : Le bon sens doit s’imposer | Le Défi Gabon

RÉGIES FINANCIÈRES
Le bon sens doit s’imposer

Une frange de l’opinion publique voit plutôt d’un mauvais œil les réactions actuelles des syndicalistes des régies financières qui risquent de mettre à mal le fonctionnement de l’administration publique en général au Gabon. Beaucoup estiment qu’il est temps de privilégier le réalisme.

 

Alors que l’Etat gabonais, pour relancer l’économie et rééquilibrer les finances publiques, a signé des accords avec les partenaires financiers institutionnels et levé des fonds auprès des marchés financiers internationaux, des syndicalistes continuent à réclamer des avantages personnels au-delà des moyens à la disposition du gouvernement.

Si les résultats attendus de la part de ceux qui devraient collecter l’argent pour alimenter le budget de l’Etat étaient à 100%, personne n’avait rien à dire. La réalité est que les fonds nécessaires pour accorder à la population les services publics de base comme les hôpitaux, les écoles publiques et les routes sont en baisse alors que certains syndicalistes souhaitent obtenir l’intégralité de leurs anciens avantages. Cela ressemble, aux yeux du Gabonais lambda, à un vrai pied-de-nez à l’endroit de tout un peuple qui souhaite une redistribution équitable des richesses nationales.

Le niveau d’endettement actuel du pays est déjà critiqué par certains Gabonais. Quand un Etat perpétue la distribution d’avantages à une certaine catégorie de ses agents, cela veut dire pourtant qu’il sera contraint à de nouveaux endettements si le rythme d’encaissement des recettes ne suit pas. C’est en niant cette réalité que les agents des régies financières en grève vont à l’encontre de l’attente de l’opinion publique au Gabon.

En établissant avec des représentants syndicaux en fin septembre dernier un protocole d’entente et de trêve sociale, le gouvernement propose aux agents des régies financières de produire plus de résultats pour gagner par la suite plus de primes. Mais certains ont insisté sur l’ancienne pratique qui doit être bannie actuellement, à savoir une distribution à tout-va des recettes alors que la situation financière et économique du pays ne le permet guère.

Le principe même d’une prime de performance est rejeté par les grévistes. Ils veulent ni plus ni moins qu’une prime « de performance » sans performance.

« La réduction du train de vie de l’Etat, évoquée à maintes reprises par les membres du gouvernement, devrait être prise en compte par tous les agents publics sans exception. Le changement de mentalité est nécessaire. Tant que ce n’est pas le cas, il sera difficile d’envisager un véritable redressement du pays, dans le contexte de crise actuelle », a expliqué un syndicaliste qui soutient l’idée du maintien de l’accord signé en septembre dernier.

On comprend ainsi facilement le rejet par une frange importante de l’opinion publique des revendications de certains syndicalistes des régies financières. A savoir cependant que des négociations sont en cours afin de sortir de cette impasse. Et pour que ces pourparlers aboutissent, il faut que le bons sens s’impose.