AUGMENTER LES RECETTES BUDGÉTAIRES
Le grand challenge

 

L’Etat gabonais prévoit d’augmenter sensiblement ses recettes pour l’année 2018. Une hausse des recettes évaluée à quelque 128 milliards de FCFA est attendue si l’on se réfère au projet de Loi de Finances récemment adoptée par l’Assemblée Nationale. Il sera toutefois difficile de parvenir à cette fin sans une implication et une prise de conscience fortes des différents services concernés par cette importante opération de mobilisation des recettes.

 

Un grand défi et des efforts supplémentaires sont attendus des différents services et entités concernés par la mobilisation des recettes du budget de l’Etat au Gabon. Les agents des régies financières notamment seront appelés à se focaliser sur cette mission.

On sait que la Loi de Finances 2018 récemment adoptée par les parlementaires gabonais prévoit des recettes de 1 842,6 milliards de FCFA contre 1 714, 6 milliards de FCFA pour cette année. Ce qui représente une augmentation de 128 milliards de FCFA. Selon le projet de loi qui a été présenté aux députés, cette augmentation peut être «expliquée par les effets attendus du renforcement des mesures de mobilisation des recettes fiscales et douanières ».

Cette prévision de hausse des recettes concorde avec l’attente des principaux partenaires techniques et financiers du Gabon. D’autant que l’année 2018 coïncide avec la deuxième année de mise en œuvre du Plan de relance de l’économie (PRE) qui a été conclu avec le Fonds Monétaire international (FMI) pour la période de 2017 à 2019. A cet effet, le FMI a accordé à l’Etat  gabonais en juin dernier un financement triennal au titre de mécanisme élargi de crédit (MEDC) d’un montant de 642 millions de dollars. Cet accord s’inscrit dans le cadre de l’appui de cette institution de Bretton Woods à la relance économique dans le pays à la suite du marasme engendré par la baisse des recettes pétrolières enregistrées durant les dernières années.

Conscientiser les uns et les autres

Selon le FMI « le programme appuyé par le MEDC aidera le Gabon à assurer la stabilité macroéconomique et à jeter les bases d’une croissance durable et équitable ».

La plupart des partenaires financiers ont emboîté le pas au FMI depuis lors. Des efforts de bonne gouvernance financière sont en contrepartie attendus de la partie gabonaise. Parmi ces efforts, on a déjà noté dans le PLF 2018, la hausse des recettes du Budget de l’Etat à travers la « mobilisation » des efforts en termes de « recettes fiscales et douanières » par des mesures comme l’Impôt Synthétique Libératoire (ISL). Une disposition qui a pour but d’élargir l’assiette fiscale et d’augmenter les possibilités de ressources. Divers secteurs d’activités sont ainsi concernés par l’ISL. La contribution de tous les acteurs économiques pour améliorer les ressources de l’Etat est attendue. L’ISL constitue donc un moyen d’y parvenir.

.Ceci étant, la responsabilisation des agents concernés par cette mobilisation des recettes s’avère capitale. Les agents des régies financières qui sont actuellement en train de négocier les avantages liés à leurs fonctions et responsabilités doivent prendre conscience de cet état de fait. Ces efforts attendus de leur part devraient aussi faciliter la mise en œuvre du protocole qu’ils ont établi avec le gouvernement gabonais et qui devrait leur assurer des avantages supplémentaires, mais en fonction de leurs résultats.