MOBILISATION DES RESSOURCES
La Cemac et le crowdfunding

 

Même si Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) doit encore déployer de gros efforts pour rattraper son retard sur le créneau du crowdfunding, Ecofin qui table sur une étude que vient de publier la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), estime que la sous-région a tout pour faire de cet instrument de mobilisation de ressources un moyen stratégique pour son développement.

Ainsi, selon les chiffres publiés par l’institution, entre juin et septembre de l’année dernière, le taux de croissance annualisé des montants levés (1,1 milliard FCFA) par le Cameroun sur le site KIVA s’élève à 42,8%. « A ce rythme, le total des fonds levés par le Cameroun sur cette plateforme pourrait ainsi être multiplié par un facteur égal à 17, en 2025. Nos estimations tablent sur un total de fonds levés sur le site KIVA au niveau de la Cemac, de 12,2 milliards FCFA à l’horizon 2020 », projette la BEAC.

Et Ecofin de noter qu’une cinquantaine de sites internet sont ouverts aux projets portés par des citoyens de la Cemac. La BEAC soutient de ce fait que si chaque pays de la sous-région (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad) parvienne à lever 5% des montants obtenus par le Cameroun sur le site KIVA, sur chaque plateforme accessible aux pays membres (scénario le plus pessimiste), les fonds levés, à travers le crowdfunding, pourraient se situer à 20 milliards FCFA d’ici à 2025.

Si les chiffres  peuvent sembler peu spectaculaires au vu de la hauteur des crédits dans la Cemac (près de 8324 milliards FCFA en 2017), les analystes estiment que « les effets de réseau et d’apprentissage pouvant découler de l’adoption de ce mode de financement par les petites unités de production, peuvent booster l’activité dans la sous-région. Et même faire du crowdfunding le «chaînon manquant» du système financier de la Cemac ».