KEVAZINGO
Les ONG soutiennent l’interdiction d’exploitation

 

Des organisations non gouvernementales ont salué la décision d’interdiction de l’exploitation du Kévazingo au Gabon. Mais les ONG attendent surtout que cette décision soit appliquée de manière rigoureuse.

« C’est une décision courageuse du Gouvernement qu’il faut féliciter. Le Kévazingo a une valeur culturelle et traditionnelle importante en plus de sa grande valeur économique. Or, son exploitation n’est souvent ni durable, ni rationnelle et met en péril sa survie dans de nombreuses forêts gabonaises», a réagi Luc Mathot, Directeur exécutif de l’ONG Conservation Justice au sujet de l’interdiction de l’exploitation du Kévazingo. L’initiative gouvernementale a en tous cas mis du baume au cœur des organisations qui agissent dans le domaine de la protection de l’environnement dans le pays.

Il faut savoir que le trafic et l’exploitation illicite de ce bois précieux n’ont profité qu’à une poignée d’individus. « Ni l’Etat, ni les populations ne bénéficiaient de l’exploitation du Kévazingo à sa juste valeur, et on comprend donc que l’exploitation a été suspendue jusqu’à ce que des mécanismes plus durables et rationnels soient mis en place », a continué Luc Mathot.

Le Kévazingo n’est pourtant pas uniquement un bois précieux. Certaines populations du Gabon, comme le peuple Fang, lui attribuent des vertus médicinale et spirituelle. Et c’est pour cette raison, entre autres, que son exploitation est source de polémique.

Des ONG comme Conservation Justice souhaitent actuellement que le Kévazingo soit déclaré «espèce intégralement protégée» par le gouvernement gabonais et la CITES pour mieux assurer sa protection. Il existe encore, en effet, des moyens pour les trafiquants de surmonter les mesures administratives. Le Directeur exécutif de Conservation Justice a fait savoir ainsi que, malheureusement, «de nombreux systèmes opaques de blanchiment de bois ont été développés, que ce soit à travers les Forêts Communautaires, les récupérations de bois soi-disant abandonnés, les ventes aux enchères ou encore le non-respect des normes d’aménagement dans certaines grandes concessions ».