HAUSSE DES PRIX DU PETROLE
Bonne nouvelle mais pas essentielle

 

Tournant actuellement autour de 70 dollars le baril ces derniers jours, les cours du pétrole sont bien sur une tendance haussière. Mais, comme l’a expliqué le Premier Ministre Emmanuel Issoze Ngondet, les répercussions de cette hausse ne pourront être « perceptibles qu’à l’issue de l’élaboration de la prochaine loi de finances ».

Pour le Chef du Gouvernement, la remontée des prix du pétrole ne peut être qu’une bonne nouvelle pour le Gabon qui est actuellement en train de mettre en œuvre un Plan de Relance de l’Economie. Mais Emmanuel Issoze Ngondet n’a pas non plus manqué de souligner que les cours actuels ne peuvent pas être considérés comme extraordinaires.

Le Ministre d’Etat en charge du Budget et des Comptes Publics, Jean Fidèle Otandault, a pour sa part toujours soutenu que la remontée des cours du brut constitue un atout non négligeable pour atteindre les objectifs de croissance mais le plus important est d’insuffler une dynamique durable pour que le secteur hors pétrole contribue significativement à l’augmentation des recettes de l’Etat.

A savoir par ailleurs que la tendance actuelle n’est pas à l’abri d’un retournement de situation. Dans une note qui se veut la plus réaliste, rapportée par le journal Le Monde, l’analyste Tamas Varga, de PVM Oil Associates, a résumé « l’état d’esprit fébrile » du milieu pétrolier après « la colère du président américain sur le réseau social, vendredi 20 avril, face à la montée des cours du baril, qui se sont envolés de plus de 10 % en trois semaines ».

Au même moment, les ministres russe et saoudien de l’énergie se félicitaient du succès de leur accord de baisse de production pétrolière… justement dans le but de faire monter les prix. De fait, le pétrole a renoué avec des niveaux élevés : mercredi 25 avril, le baril a atteint 74 dollars pour la première fois depuis novembre 2014. « Mais personne ne parierait sur une hausse durable, tant le marché est instable », a noté l’auteur de l’article.

A tenir compte également l’accord sur le nucléaire iranien. Pour les analystes, la volonté américaine d’en finir avec l’accord sur le nucléaire iranien et de revenir à des sanctions plus fortes contre Téhéran renforce l’inquiétude sur le marché pétrolier.

Le Président des Etats-Unis doit fixer sa position le 12 mai sur le sort qu’il compte donner à cet accord. Mais les dernières nominations aux hauts emplois de l’Etat dont celles de John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale et Mike Pompeo au département d’Etat, peuvent déjà être qualifiées de « signes clairs ».