ALI BONGO ONDIMBA
Le Gabon « est engagé dans une réforme en profondeur »

Selon le président de la République, Ali Bongo Ondimba, ce 14 septembre 2018 est une journée historique pour l’éducation nationale, celle de la remise du rapport de la Task Force sur l’éducation. Une promesse faite le 16 août dernier lors de son discours à la Nation, promesse tenue moins d’un mois plus tard.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, le chef de l’Etat a souligné que l’éducation est la mère des réformes. « Au XXIème siècle c’est la formation du capital humain, des hommes et des femmes, de nos enfants, qui permet de guider une nation sur la voie de l’innovation, sur le chemin de la prospérité partagée », a-t-il soutenu avant de préciser que le Gabon est engagé dans une réforme structurelle, en profondeur. Une transformation et non un empilement de petites évolutions.

Ali Bongo Ondimba qui justifie cette réforme par des constats chiffrés : 50 % de taux redoublement en classe de 6e ; 78% des étudiants inscrits dans les formations générales ; seulement 4% des élèves au cycle secondaire supérieur optant pour l’enseignement technique ; 19% des bacheliers en 2018 ont porté leur choix sur les filières techniques et scientifiques. Et chaque année, 40 % des élèves, qu’on appelle les décrocheurs, quittent le premier cycle de secondaire sans aucune qualification.

De ce fait, le numéro un gabonais estime que dans le cycle primaire, les savoirs fondamentaux (savoir lire, écrire, compter) ne sont pas acquis pour un grand nombre d’enfants. Quant à l’égalité des chances alors que c’est au primaire que tout se joue, elle est en panne. Dans les cycles secondaire et supérieur, il y a un décalage réel, visible, évident, entre l’offre de formation et les besoins réels de notre économie. Par ailleurs et globalement, l’éducation doit servir à former les futurs agents économiques, mais également les citoyens de notre pays. Elle doit donc former à la fois aux savoir-faire, mais également au savoir être.

Il est alors grand temps, pour le chef de l’Etat, d’enrayer ce cycle infernal, de prendre nos responsabilités et d’agir. « Avec la volonté politique nécessaire, nous avons réussi à engager la transformation en passant d’un modèle économique rentier à un modèle productif qui apporte des résultats probants. Aujourd’hui, notre économie en pleine mutation offre de nombreuses opportunités d’emplois que bon nombre de Gabonais, hélas, ne peuvent saisir faute de qualifications », a-t-il constaté.