FRANC CFA
Sous pression mais dévaluation peu probable

L’agence d’information Ecofin a publié un dossier sur la Franc CFA en confrontant les points de vue de Stéphane Colliac, Economiste Senior en charge de l’Afrique et de la France chez Euler Hermes et de Chris-Emmanuel Blé, Assistant de Recherche Economique chez Euler Hermes

En examinant l’intégration commerciale entre les Etats membres, la mobilité de la main-d’œuvre, le risque de surévaluation du Franc CFA, la viabilité de la dette et les réserves de change de la zone (critère de la zone monétaire optimale), il est constaté par les deux intervenants que la zone CEMAC est sous pression. Le modèle montre en outre que le commerce intra-zone est inférieur de 200 millions USD à ce qu’il pourrait être étant donné les frontières, langues et monnaies communes

On constate également des signes de surévaluation de la monnaie dans la région (principalement en RCA, au Gabon et en République du Congo) en raison de la baisse des prix du pétrole. Cela a conduit à une augmentation de la dette publique et à une baisse du ratio des réserves de change M2 au-dessous du seuil de 20% en République du Congo et au Tchad. Malgré ces fragilités, une rupture ou une dévaluation dans les cinq prochaines années est jugé peu probable. Si les prix du pétrole devaient chuter pendant longtemps à 30 dollars américains / baril, la région ne pourrait éviter une dévaluation, mais une dissolution resterait improbable.

L’adhésion au Franc CFA est considéré par ailleurs comme « une solution institutionnelle qui garantit la stabilité des prix à ses membres ». Ainsi, toute sortie serait plus un choix politique qu’économique.

En 2020, le franc CFA aura 75 ans. La monnaie, utilisée dans deux régions africaines, est garantie par le Trésor français et arrimée à l’euro. Bien que la baisse des prix des matières premières en 2014 ait révélé des vulnérabilités, la situation n’est pas comparable à celle de 1994, lorsque le franc CFA avait été dévalué de 50% dans les zones occidentales (UEMOA) et centrale (CEMAC). Cependant, il est constaté que les divergences entre les membres impliquent un optimisme prudent quant à la stabilité de cette monnaie.