CRISE DE LA CEMAC
La stratégie de sortie de crise a focalisé les échanges avec le FMI

Le Directeur Général adjoint du FMI, Mitsuhiro Furuzawa qui était assisté du Directeur Afrique, Aemro Selassié, a convié le jeudi 11 avril 2019, les Ministres des pays de la CEMAC ainsi que les premiers responsables des institutions à une séance de travail essentiellement axée sur la stratégie de sortie de crise de la CEMAC.

En ouvrant les travaux, le DGA du FMI a apprécié l’engagement de haut niveau des dirigeants de la communauté pour les efforts d’assainissement monétaire, le rétablissement des finances publiques et des comptes extérieurs de la CEMAC. Cela dit, il est revenu sur le fait que la stratégie n’a pas encore atteint ses objectifs. Pour lui la croissance en zone CEMAC, bien qu’effective, reste trop faible. On constate la vulnérabilité du secteur public, la forte dépendance au pétrole et les dérapages observés dans certains États qui rendent les performances économiques mitigées. Une fois ce constat fait, il a évoqué la poursuite des réformes, la consolidation du secteur financier et l’amélioration du climat des affaires, qui sont à ses yeux, des pistes qui permettraient de stimuler le secteur privé et asseoir une croissance inclusive.

Intervenant pour le compte des Ministres de la CEMAC, Louis Paul Motaze, le Ministre des Finances du Cameroun, a remercié le FMI pour l’appui aux pays de la région pour sortir de la crise. Il a reconnu que si le tableau de la CEMAC est encourageant, il reste des défis importants à surmonter. Notamment, le retard de la signature du Congo et de la Guinée-Équatoriale avec le FMI, la situation sécuritaire, la discipline et le maintien de l’équilibre macroéconomique. Il a conclu que des efforts additionnels devraient être fait de part et d’autre, c’est à dire entre la CEMAC et le FMI, pour améliorer les perspectives à moyen et long terme.

Au nom des institutions de la communauté, le Président de la Commission, le Pr Daniel Ona Ondo a insisté sur le rôle proéminent que doit jouer la Commission et surtout sur l’accélération des politiques de réformes structurelles. Il a développé l’aspect lié à la surveillance multilatérale et conclu en attirant l’attention des uns et des autres sur le risque que représente un endettement accru des pays de la CEMAC. Raison pour laquelle il a émis l’idée d’une réunion annuelle tripartite sur la gestion de la dette. Pour sa part, le gouverneur de la BEAC a rappelé les grandes lignes de la politique monétaire, en soulignant l’application de la réglementation de change en vigueur.